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Publié par FREDGENET

Coco Boer is back !

le site & la boutique Coco Boer:

http://www.cocoboer.com

LE COCO BOER

En 1902, Jules COURTIER, Pharmacien à Le Pouzin en Ardèche, met au point une poudre de réglisse, légèrement anisée.... 1902, c'est la guerre des Boers.... De nombreux Français sont partis se battre aux cotés des Afrikaners, contre l'Anglais. La Presse de l'époque relate les grandes chaleurs du Transvaal. Le nom de la poudre est tout trouvé.... Jules COURTIER l'appellera « COCO BOER ».

La marque connaît un fantastique succès qui se prolonge jusque dans les années soixante-dix pour s'effacer progressivement devant l'invasion des colas a cent grammes de sucre par litre et l'apparition de nouveaux modes de distribution, véritables prédateurs des circuits traditionnels et du petit commerce.

LA NOSTALGIE COCO BOER

Dès le début des années 80, dans sa célèbre chanson « Mistral gagnant » le chanteur populaire RENAUD regrette avec nostalgie la disparition des COCO BOER.Plus récemment, le FIGARO MADAME du 25 Février 1995 écrit, dans un article intitule « Aimez-vous les bonbecs ? » (pages 86/87): « On sera peiné d'apprendre (...) des sucreries en voie d'extinction. Le COCO BOER en fait hélas partie ! ». Enfin, dans son récent livre « Des souvenirs et des regrets aussi » Catherine ALLEGRET pleure elle aussi « nos boîtes de COCO BOER » (page 38).

LE RETOUR DE COCO BOER :

UN COME-BACK SOCIAL II est vrai que COCO BOER appartient au patrimoine et a l'inconscient collectif français au même titre que, par exemple, la poule au pot, la Madelon ou les berlingots! COCO BOER, c'est « la madeleine de Proust » par excellence et la charge affective qu'il suscite rappelle le concept socio-économique contemporain de « valeur-refuge » ou de« rassurance ». En effet, « le retour au terroir est l'un des éléments de réponse actuels face a l'angoisse collective ». M. Robert Rochefort du Credoc note ainsi que la consommation marque une nette tendance aujourd'hui à privilégier la composante immatérielle ou culturelle de l'acte d'achat et souligne l'evolution vers une société « clanique »... (1)En effet, nous pouvons observer qu'il existe un clan de grands amateurs inconditionnels de COCO BOER et un clan plus nombreux d'anti-COCO BOER, mais personne ne reste neutre ou indifférent.

Des « correspondances » marketing ?

II existe des « correspondances », au sens Baudelairien, entre COCO BOER et les analyses de Faith Popcorn, « la Nostradamus du marketing » inventrice du concept du « cocooning » qui nous prédit à la fois « la revanche du plaisir » et la montée en puissance des « alimaceutiques » (contraction d'aliments et de pharmaceutique) (2). En effet, les aficionados de COCO BOER recherchent Ie plaisir immédiat et sans risque que procure en bouche la « décharge » ou le « shoot ». En outre, COCO BOER occupe également, sans rival, une place originale dans la catégorie des produits « anti-tabac » et « coupe-faim ».

LE RITUEL ET LA GESTUELLE COCO BOER.

Si COCO BOER est une boisson, elle se consomme à vrai dire le plus souvent de manière « dérivée », primitive (ancestrale?) pittoresque et sans équivalent. Le mode opératoire de COCO BOER, c'est: « Mouille ton doigt, trempe ton doigt et suce..... » Ce mode de dégustation unique en son genre brave bien des interdits qui remontent a l'enfance, au stade oral: « Ne mets pas tes doigts dans la bouche.... »L’Art et la Manière COCO BOER en appelle à l'instinct.La pointe de la langue intervient avec délicatesse, comme sur la pointe d''un sein, maternel ou non; dans un cas comme dans l'autre on retrouve plaisir et sécurité, un sentiment d'éternité....Les boitillons de couleurs vives donne certes une dimension affective et ludique, mais il faut oser COCO BOER et, du moins en apparence, faire fi des bonnes manières. Prendre COCO BOER, c'est donc s'affirmer! Quel meilleur « anti-stress » ?Naturel, un rien grossier, voire coquin, mais surtout pas vulgaire, COCO BOER est symbolique d'un savoir-faire intime. Le savoir-vivre originel et insouciant du doigt qu'on porte en bouche... et plus si affinités.... En effet, la Société contemporaine est, malheureusement, asociale et egoïste. Repli sur soi et peur des virus en tous genres dominent, souvent a tort. Résultat, on n'offre pas a priori « son COCO BOER » a un tiers, sauf et seulement si « l'autre » est perçu comme un intime.A ce moment-là, COCO BOER devient un formidable outil de séduction, de convivialité et de communication....

Où l'on reparle de COCO BOER....

La racine de réglisse (Glycyrrhiza Glabra) est connue depuis l'antiquite. La Chine et le Moyen-Orient lui avaient conféré des vertus secrètes et curatives.

La « douce racine » est utilisée par les soldats d'Alexandre et de César pour calmer les crampes d'estomac. Théophraste, naturaliste grec, ainsi qu'Hérophraste, disciple d'Hippocrate, la vante. Les premiers athlètes de l'Olympe l'utilisent pour son effet à la fois stimulant et rafraîchissant.

Puis, les moines continueront d'employer cette plante pour soigner leurs malades, transmettant leur savoir aux médecins de la Renaissance. C'est ainsi que Molière écrivît: « Vous toussez fort, Madame ? - Oui, je suis au supplice... - Vous plaît-il un peu de ce jus de réglisse ? » La légende veut que les porteurs d'eau, dans le Paris de la Révolution, proposent cette boisson dans des demi-noix de coco, d’où l’origine supposée du nom en France. Enfin, comment ne pas citer la nouvelle de Maupassant dans «Le Horla» intitulée «COCO, COCO, COCO FRAIS!»? : «Fais-toi l'ami d'un marchand de coco, mon petit Pierre....... .... cela te portera bonheur.»

Plus près de nous encore, on trouve dans COSMOPOLITAN, Octobre 1974, page 83: « Les femmes buvaient à Paris... de l'eau de réglisse qu'on appelait eau de coco. Les marchands de glace en vendaient même aux coins de rue et l’on en trouvait en petites boîtes rondes dans les épiceries. - Sans doute la boivent-elles pour embellir leur teint, dis-je au garçon. - Non, répondit-il, avec un clin d'oeil, c'est plutôt pour embellir leur vie amoureuse. Les Françaises d'alors devaient sans doute d'instinct connaître sur la réglisse des choses que les savants n'avaient même pas encore découvertes: qu'elle contenait des hormones femelles. » Aujourd'hui, les scientifiques se penchent à nouveau sur les nombreux atouts de la réglisse (Cf. annexe).

(1) « La Société des consommateurs » de Robert Rochefort, Ed. Odile Jacob, 1995. (M. Robert Rochefort est Directeur du Credoc, Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie.)(2) « Le Rapport de Faith Popcorn. Comment vivrons-nous en l'an 2000 ? »Ed. Les Editions de l’Homme.

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